Sébastien Llado fête au Sunside son album Live au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Sébastien Llado Quartet.

Mardi 5 octobre 2010. 21h30.

Paris. Le Sunside.

Concert pour fêter la sortie de l'album " avec deux ailes " enregistré Live au Sunside le vendredi 20 novembre 2009.

 

Sébastien Llado : trombone, conques

Leila Olivesi : piano, clavier électrique, ordinateur portable

Bruno Schorp : contrebasse

Julie Saury : batterie

 

Sauf indication contraire, les compositions sont de Sébastien Llado.

 

Démarrage Jazz assez classique, énergique. Ce swingue. Sébastien est chaud dès le premier morceau. Leila Olivesi est toujours aussi belle à regarder et à écouter. Seb a pris une conque marine pour faire une petite plainte en symbiose avec la rythmique. C’était « Ladies First » en hommage aux honorables mères de famille de ce quartet paritaire.

 

« Le miroir aux alouettes » morceau qui ne figure pas dans l’album. Un bonus track en quelque sorte dit Sébastien. Ils n’ont pas joué ensemble depuis l’enregistrement de cet album live au Sunside. J’y étais. Superbe ballade onctueuse, souple, tranquille dans la lignée d’Henri Texier : une composition simple, émouvante, efficace. Solo de contrebasse dense, chaud, bien relayé par le tapotis de la batterie et quelques notes de piano.

 

« Un morceau que nous n’allons pas annoncer » annonce Sébastien. Inutile d’annoncer « Billie Jean » de Michael Jackson et Quincy Jones. Ca se reconnaît dès les premières notes de la contrebasse. Comme dit mon voisin et ami Monsieur S. qui assiste à son premier concert de Jazz (à 37 ans, il était temps ) : «  Ca rend bien en Jazz. » . La musique fait rire les jeunes filles dans la salle. « Billie Jean » par le quartet de Sébastien Llado c’est le nouveau truc pour faire rire et séduire les jeunes filles. Voilà une information importante qui méritait d’être soulignée. Après un début funky, l’impro du trombone est purement Jazz alors que la rythmique garde une bonne pulsation. Retour au thème avec une ligne de basse implacable. « Ah Michael Jackson, il va nous manquer » conclut Sébastien. « Y a Britney Spears quand même » lui réplique une spectatrice taquine.

 

« ASRL » (Attentat Suicide Rue des Lombards). Sébastien a rêvé d’une attaque d’avion rue des Lombards après le 11 septembre 2001. Vu la largeur de la rue ce n’est pas un rêve prémonitoire. Bruits d’avion. Clavier électrique puis piano. Bruits d’alarme.

 

« Haut, bas: fragile » en hommage à la petite sœur de Sébastien Llado. La petite sœur est présente dans la salle pour assister à son hommage de son vivant. Privilège rare. Bruno introduit à l’archet puis la rythmique démarre avec la batteuse aux balais. C’est une ballade. Le trombone sonne tout doux, tout chaud.

 

« Tranz Tanz » (Wolfgang Dauner). Solo de piano en intro. Bien grave, rythmé. Courte citation de Monk au piano. Le piano monte en puissance. La rythmique démarre sec. Le trombone barrit joyeusement éléphantesque, gigantesque. Seb passe au son plus doux de la conque. La rythmique pulse sévèrement, le piano creuse la vague. Le chant de la conque flotte au dessus ludique, enfantin. Après divers jeux de conque, retour au thème au trombone. Ca grogne joyeusement.

 

PAUSE

 

Je profite de la pause pour vous faire part des impressions de Monsieur S. sur le premier set de son premier concert de Jazz : « Rythme d’emblée alerte et vif. On est malgré soi transporté par un quatuor complémentaire, dynamique et talentueux. Reprise « jazzy » de Billie Jean fort intéressante : c’est dansant sympathique et in. « ASRL » : on est dans le Jazz mélancolique voire sombre et tortueux. Avec de l’imagination, on se croirait transporté dans de fraîches nuits d’automne à NYC ou la Nouvelle Orléans ».

 

Ca redémarre bien funky. Tchic poum fait la batterie. Tonk, tonk fait la contrebasse. Le piano plane. Le trombone groove. C’est frais et chaud à la fois. Nous sommes en croisière dans les Caraïbes sur un paquebot de luxe. C’était « Wayne 's dream » de Wayne Shorter (Wayne le Plus Petit selon la traduction littérale de Bruno Schorp).

 

« L’aube des girafes » est un morceau jungle comme son titre l’indique mais au sens actuel pas celui de la jungle de Harlem des années 1920 chez Duke Ellington. Petits bruitages métalliques sortis du PC portable ou du clavier électrique (je ne vois pas bien de ma place. Désolé). Leila reprend les mêmes notes au piano dans une alternance d’acoustique et de métallique. Solo de batterie bien funky, relax. Ca vibre souplement. La pianiste reprend la main, impressionniste. Retour au thème avec le trombone groovy et mystérieux à la fois.

 

« Soulmates » un morceau qui n’a pas marché lors de l’enregistrement de l’album. C’est pourquoi il n’y figure pas. C’est une ballade simple, tranquille, assez anodine par rapport au précédent morceau. Beau solo de contrebasse rapide, bondissant. Sébastien fait chanter le public et se plaint que seule sa mère chante. Monsieur S ne chante pas. Il est intimidé. C’est son premier concert de Jazz pour ceux qui ne l’auraient pas encore remarqué. Ca pousse dans le final.

 

Un morceau écrit la semaine dernière. Il n’a pas encore de titre. C’est la première fois qu’il est joué sur scène. Pour son premier concert de Jazz, Monsieur S. assiste à une première mondiale. L’émotion le saisit. Morceau vif, joyeux. Seb a décidé de rester au trombone ce soir. Il sort très peu les conques.

 

« Dernières danses ». Sébastien se lance dans un petit sketch pédagogique. Deux parties avec le même thème traité différemment dans les deux parties. C’est une ballade. Seb chantonne «  da da da da da da » ou quelque chose d'approchant. La rythmique tourne avec les balais. Solo inspiré de la pianiste, romantique sans pathétique. Seb reprend le thème en solo de trombone. Le groupe repart sur un tempo plus rapide en gardant le thème. Leila ajoute des effets sonores avec le clavier.

 

« Blues cheloo ». Un nouveau morceau. Une nouvelle première mondiale ce soir. Monsieur S est bien conscient de sa chance. Seb explique pédagogiquement le morceau. Il y a deux voix : trombone et batterie d’un côté, piano et contrebasse de l’autre. Trombone et batterie installent leur thème saccadé, nerveux. Au tour du piano et de la contrebasse de poser leur thème plus calme, plus relax. Puis les deux voix se mélangent et, nom d’un petit bonhomme de neige, ça marche.

 

« Too High » (Stevie Wonder). La pulsation, le clavier sont bien en place. Le trombone remplace la voix de Stevie. C’est tellement plus chaud et vivant que le travail de bons élèves des frères Belmondo. Leila est revenue au piano. Ca groove. Contrebasse et batterie s’y emploient fermement. That’s all, folks !

 

PAUSE

 

Monsieur S. et moi avons école le lendemain. Nous partons donc à la deuxième pause. Ce quartet n’avait pas joué ensemble depuis novembre 2009 et il met toujours le feu. Que font les programmateurs des festivals, salles de concerts, clubs de Jazz , radios, télévisions? Pourquoi ne pas programmer ce groupe jeune, paritaire, frais, vivant, ludique, frais, pas cher ? Je souhaite que le plaisir d’entendre le quartet de Sébastien Llado en concert soit bientôt partagé par d’autres publics dans d’autres salles que le Sunside. Il le mérite.

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