Jowee Omicil en mission au Duc des Lombards

Publié le par Guillaume Lagrée

Jowee Omicil Quartet

Le Duc des Lombards

Paris, France

Vendredi 6 décembre 2019, 21h45

Jowee Omicil: saxophones alto, soprano, ténor

Randy Kerber: piano, clavier électrique

Jendah Manga: guitare basse électrique

Arnaud Dolmen: batterie

Gros son de basse. Piano léger. Batteur aux baguettes. Eclairs du sax ténor. J'entends une trace de Kenny Garret dans son jeu. Jowee Omicil est très participatif. Il fait chanter le public dès le premier morceau. En français puisqu'il est né à Montréal (Québec, Canada) de parents haïtien le 1er décembre 1977. Il a écouté le Miles Davis des annes 80, ses airs simples et funky. Il joue même de la trompette mais pas ce soir.

Démarrage délicat et funky entre basse et batterie. " Take five " ( Paul Desmond). Le thème est reconnaissable mais créolisé. Ils conservent la métrique propre au morceau (5/4) mais le chaloupé est bien caribéen. Joli solo de piano soutenu en finesse par le dialogue percutant entre basse et batterie aux baguettes. Progressivement, le batteur prend la main par des roulements rapides. 

Sax soprano. Batteur aux balais. " Les feuilles mortes " (Autumn leaves en version anglaise). Son très doux. Jowee Omicil gomme l'acidité de l'instrument. Il attaque et elle revient. Quoi? L'acidité du soprano bien sûr. Jowee Omicil joue le mort quelques longs instants pour mieux nous réveiller en attaquant d'un coup sec pour le final. Cela aussi, c'était un truc de Miles Davis.

Un peu de chant en créole haïtien. Au public de chanter à son tour . " Oyago " (?). Je ne garantis pas la transcription n'étant pas créolophone. Le quartette attaque. Sax soprano. Batteur aux baguettes. Cela repart sur un rythme plus souple mais toujours rapide. Puis un air balancé, caribéen. Là, ça danse! Ca balance bien souplement. La dame à ma droite qui a commencé le concert énervée par l'attente, stressée par sa place au fond de la salle, se met à battre des mains. Elle va visiblement nettement mieux. Le piano domine la rythmique. Le leader chante, danse. Il a ôté ses lunettes noires et s'est mis en tshirt. 

Sax ténor. Passage au clavier électrique. Un air funky. Ca sonne nord américain et moins vécu, authentique que le précédent.

Une version personnelle du " Mannish Boy " de Muddy Waters. " When I was a little boy in Montreal ". Un duo avec le piano qui joue bien la mélodie. Charmant interlude. 

Duo piano & sax ténor pour commencer. Une ballade a priori. Le batteur crée un flux léger et rapide avec ses baguettes sur les cymbales et bords de caisses. Solo de piano rêveur, impressionniste à souhait alors que la rythmique maintient la pulsation. Un petit délire Free entre sax ténor et batterie. Souvenirs d'Albert Ayler & Sunny Murray. Juste quelques secondes. Pas durant des heures comme les Grands Anciens. 

Sax soprano. Un clavier électrique. Un petit air funky spécialement pour la soirée " Bash friday". Ca balance tranquille. Conclusion très professionnelle. 

Duo piano, sax alto. Ca ressemble bien à un air caribéen. Joli final toujours en duo.

Duo sax alto, batterie. Du Monk. La rythmique repart sur un air dansant. Le public bat la mesure. Retour au calme voire au sirupeux. Avec des breaks énergiques tout de même. Passages au clavier pour l'air mièvre. Courte citation de " A Love Supreme " de John Coltrane au saxophone. Un air magique pour tous les saxophonistes de Jazz. Si simple et si puissant. Jolie idée de le jouer en decrescendo avec le batteur jusqu'au final. A l'alto, pas au ténor ou au soprano.

Clavier électrique. Arnaud Dolmen, de Guadeloupe, mouline vite et doucement aux baguettes. Sax ténor méditatif. Puis qui s'enflamme porté par la rythmique. Un morceau de Miles Davis paraît-il. 

Un dernier morceau. Sax soprano. Retour aux Caraïbes avec un morceau précédemment joué. Après recherche, " Pipillita " est l'oeuvre du Cap-Verdien Luis Morais. Rien de caribéen à l'origine mais joué ainsi,, le morceau le devient. Cf extrait audio au dessus de cet article. Mes voisines Caribéennes sont ravies. Moi aussi. C'est énergique, dansant. Le pianiste est bien chaud, aux commandes de la rythmique.

Né au Canada de parents haïtiens, Jowee Omicil a vécu aux Etats-Unis d'Amérique (élève puis professeur de la Berklee School of Music), complice de Roy Hargrove qui le poussa à créer son propre groupe. Il vit désormais à Paris en France. Profitons en avant qu'il ne s'installe ailleurs. 

 

Dans la vidéo ci-dessous, Jowee Omicil est en concert dans le décor grandiose de l'abbaye de l'Epau (ordre cistercien, XIII° siècle), au Mans (72), à l'Europa Jazz Festival, édition 2018. Rien à ajouter.

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