Sébastien Llado and Co live in Paris

Publié le par Guillaume Lagrée

Sébastien Llado and Co live in Paris

Paris. Le Sunside. Vendredi 20 novembre 2009. 21h.

Sébastien Llado : trombone, conques
Leila Olivesi : piano, Fender Rhodes, Mac portable, clavier
Bruno Schorp : contrebasse
Julie Saury : batterie

Ce soir le concert est enregistré pour un album. Le public est nombreux, jeune, prêt à s’enthousiasmer. Leila Olivesi est enceinte et elle rayonne, belle comme une Reine.

Pour commencer un hommage à Michael Jackson avec « Billie Jean ». En quartette acoustique avec trombone. Ca swingue. Ils jouent vraiment le thème. Bel hommage au King of Pop par un jeune caïd du Jazz. L’impro à partir du thème est purement Jazz. La contrebasse garde bien le groove. La batteuse distribue les pains comme le Christ aux Noces de Cana. Le bébé de Leila est bien bercé par un joli solo de piano. Retour au thème.

Leila pose la main gauche sur le piano, la main droite sur le Fender. Une ballade « Le miroir aux alouettes ». Ca sonne comme du Henri Texier, romanesque et swinguant. Sébastien empoigne une petite conque et parle en langue à travers. Leila s’est remise au piano. La romance file allègrement. Après le solo de contrebasse bien impulsé par Bruno, retour au trombone chaud et grave.

Retour au Swing. Tac, tac, ils attaquent. Retour au bebop en fait. Le contrebasse se dédouble reflétée par le miroir formé par le couvercle du piano. Solo de Leila dont la grossesse semble avoir accru l’énergie et la créativité au coefficients déjà forts élevés au départ. C’était « Ladies first » en hommage aux dames du groupe.

« Trans Trans » de Wolfgang Dauner, pianiste et compositeur allemand. Leila entame au Fender. Elle bat la mesure du pied, elle chantonne aussi. Bref, elle est dedans. Ca swingue avec classe. La contrebasse ajoute sa pulsation. La batteuse arrive et ça groove de plus en plus. Le trombone entre dans la danse. Duo contrebasse/batterie avec les mains sur les tambours. La rythmique repart légère et puissante, aux baguettes. Sébastien vient glisser son trombone par dessus, glissant sur des vagues de douceur.

« Valse Musée ». Duo piano/trombone. Ballade veloutée, brumeuse, laiteuse. Sébastien a mis la sourdine au trombone. Le piano est clair alors que le trombone semble sortir d’une grotte sous marine.

« Attentat suicide rue des Lombards ». Sébastien Llado a cauchemardé en octobre 2001 sur des avions s’écrasant dans la rue des Lombards. Vu l’étroitesse de la rue, je puis assurer que c’est impossible. Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, la rue des Lombards est la rue du Jazz à Paris puisqu’elle contient 4 clubs sur le même côté de la rue : le Sunset/Sunside au n°60, le Baiser Salé au n° 58, le Duc des Lombards au n°42. Leila Olivesi lance une alarme d’avion. « Alertez les bébés ! » (Jacques Higelin). Leila joue du piano et d’un clavier jouet en même temps. Le trombone déploie ses ailes de géant. Ca s’énerve. Basse et batterie pulsent, le trombone gronde. Le piano apaise le tout. Leila fait rouler ses doigts de Reine sur le clavier.

PAUSE

« L’aube des girafes ». Sébastien présente sa mère dans la salle. « Bravo Madame! », « Bien joué !» dit le public. Leila sort des petits sons métalliques de son jouet. La rythmique groove. Le public semble composé d’amis et de parents de Sébastien Llado. Le trombone s’étire paresseusement, voluptueusement. Leila reprend au piano, y ajoute son bruitage de film kung fu. Sébastien plane par dessus. Solo de batterie aux baguettes. Julie Saury mitraille sec et précis. Jolie transition au piano avant le retour du thème, au jouet et au trombone.

Sébastien prend une petite conque en solo. Il la fait cracher, grogner, slammer. Il la passe en boucle grâce à l’électronique, joue d’une deuxième conque qu’il fait chanter par dessus. Il percute la conque de la main, souffle dedans. C’est étrange et ludique. « Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés… » La voix de BB me revient en tête car c’est « La Madrague » qu’il joue. Accompagnement purement Jazz (piano/contrebasse/batterie) derrière les fantaisies de Sébastien à la conque. En pleine nuit de novembre à Paris surgit le soleil de la fin d’été sur la Mer Méditerranée. Merci Sébastien.

« Elan vers la lune ». Pour les mélomanes raffinés, sachez que la première partie comprend un thème exposé au trombone, la deuxième comprend un deuxième thème exposé au piano, la troisème partie réunit les deux thèmes joués ensemble. Explications données par le compositeur lui même, Sébastien Llado. Ballade rêveuse, amoureuse, langoureuse. Transition avec des roulements de maillets sur les tambours. Ces tambours là ne sont pas inquiétants comme « Les tambours de la pluie » d’Ismail Kadaré. Julie passe aux baguettes sur les cymbales. La rythmique enchaîne. Leila passe de son jouet sur le piano au piano. Ca déroule. Effectivement les deux thèmes se retrouvent dans la troisième partie.

Solo de contrebasse grave, calme, propulsif. Sébastien joue le blues au trombone wah wah. C’est ellingtonien en diable. Il se prend pour  Joe " Tricky Sam " Nanton. Bonne école. Ca grogne, ça ronronne. Très belle musique de polar. Sam Spade recherche la fille du colonel Parker dans l’obscure clarté de la nuit de LA… C’était « In a mean time » un Blues à deux accords.

« Dernière danse ». Le compositeur avertit les mélomanes avertis. Le thème est en 3 temps puis en 5 temps avec un contre-sujet. Evocation du type qui danse seul sur la piste à 3h du matin. Frank Zappa a écrit « Dancing Fool » sur cette même idée. La rythmique virevolte légèrement, gracieusement. Après un très beau solo de piano, le silence reste lorsque le trombone entre dans la danse. Avec le retour de la rythmique, les spectateurs se lâchent et applaudissent. Ca envoie. Le trombone pète de joie bien poussé par la rythmique.

Leila s’installe au Fender Rhodes pour une ballade funky. Tchic poum fait la batterie. La contrebasse marque le tempo. La berceuse marche. Je m’endors. Montée en puissance du groupe. Ils élèvent nos cœurs et nos âmes. Solo total de trombone qui amène le bouquet final du groupe.

Sur cette berceuse, j’ai senti que le marchand de sable était passé. Bien que je n’eusse pas école le lendemain, je suis rentré me coucher enchanté. Il ne me reste plus qu’à attendre la sortie de l’album pour revivre les belles sensations et émotions procurées par le quartet de Sébastien Llado.

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Sebastien Llado 06/03/2011 18:22


merci !


Guillaume Lagrée 06/03/2011 16:48


J'ai mis ce que je savais à l'époque Sébastien.
Je ne relis pas les articles un an après.
Comme c'est toi, je vais corriger.


Sebastien Llado 05/03/2011 15:40


hé Guillaume, le disque a été enregistré pour le label "Les disques de Lily", et non pas Futura Marge !


Guillaume Lagrée 05/03/2011 18:03



Humm bizarre.


Je vais vérifier cela derechef