Neil Saidi & Noé Codjia invitent le trio d'Alain Jean-Marie au Sunside

Publié le par Guillaume Lagrée

Le Sunside

Paris. Jeudi 10 janvier 2019. 21h.

Neil Saidi: saxophone ténor

Noé Codjia: trompette

Alain Jean-Marie: piano

Gilles Naturel: contrebasse

Philippe Soirat: batterie

Le batteur attaque. C'est du hard bop des années 50. Je reconnais le thème mais pas le titre. Ces deux jeunes gens, les deux souffleurs, ont bien appris cette langue étrangère car ils ne sont ni Américains, ni des années 50. Il leur reste à créer leur propre idiome. Alain Jean-Marie ressuscite Bud Powell (1924-1966) à sa manière. Décalages de sons, virages, prises d'appui. Soutien irréprochable du bassiste et du batteur aux baguettes. Cette rythmique est rodée depuis des années. Premier solo de batterie percutant, malaxant. C'était " Nicas' tempo " (Gigi Gryce) composé en hommage à la baronne Pannonica de Koenigswarter, mécène du Jazz. 

" Let's call this " (TS Monk). Alain Jean-Marie rend son jeu plus abrupt, plus rêche. Ca sautille, gambille comme il faut. Après un solo de piano impeccable, forcément, un solo de contrebasse joliment ponctué par le pianiste et le batteur aux baguettes. Les souffleurs assimilent mieux cette langue étrangère qu'est le Be Bop. 

Une sorte de ballade. La musique s'étire, s'allonge. Quintette bien soudé. Après le passage du pont, le rythme de circulation s'accélère. Noé Codjia et Neil Saidi sont tellement dans l'esprit 50's qu'ils jouent en costume cravate. Fi du débraillé! La peste soit du négligé! Solo de piano gorgé de rythme, de vie. Bref, Alain Jean-Marie. 

Un morceau tiré de " The Connection " composé par Freddie Redd (1928) pour le théâtre puis le cinéma. L'histoire de musiciens drogués qui attendent leur dealer, leur " connection ". 

" Don't blame me ". Une ballade. Batteur aux balais. Sax ténor suave à souhait. Alain Jean-Marie reprend la main. Ce feeling, nom de Zeus! Ca joue. Son plus voilé de la trompette même s'il n'a pas mis de sourdine. 

Un morceau ultra rapide typique de Charlie Parker qui commençait toujours un concert par le morceau le plus rapide pour tester ses musiciens. Noé Codjia n'essaie pas de jouer aussi vite que Dizzy Gillespie (1917-1993). Injouable. Il joue plutôt à l'économie et au feeling comme Miles Davis et Chet Baker, trompettistes partenaires de Charlie Parker. Ca swingue dur. Le piano s'efface. Soutien puissant de la contrebasse et de la batterie. Le piano revient, jouant avec la pulsation de la basse et de la batterie. Il l'orne, la contourne, l'enveloppe. Il ajoute une pincée de Biguine pour pimenter son Be Bop. Beau solo de batterie qui mitraille. Ca pète sec. 

Première composition. Une ballade. Batteur aux balais. Trompette bouchée qui, ici, sonne comme Dizzy Gillespie. C'est doux, tendre, chaud. Jolis ornements du piano. Le sax ténor se fait violon pour mieux caresser le poil dans le bon sens. 

PAUSE

Un dénommé Noé Codjia, d'ascendance béninoise, trompettiste de Jazz. Cela ne m'étonnerait pas qu'il y ait un lien de parenté avec Manu Codjia (guitare électrique) bien connu sur ce blog.

La musique est fort agréable mais j'ai école le lendemain et le marchand de sable est déjà passé. Ma chronique cesse donc ici.

Ci-dessous une courte vidéo d'un précédent concert de ce quintette au Sunset à Paris le 29 mai 2018, journée internationale des casques bleus de l'ONU.

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