Jazz Archive (Mezzo&INA): " Jazz at the Philarmonic. Pleyel. 1960 ". 2e partie.

Publié le par Guillaume Lagrée

 

Jazz Archive

Mezzo & INA

Jazz at the Philarmonic.

Paris. Salle Pleyel. 1960.

2e partie 

Un film de Jean-Christophe Averty diffusé par l'ORTF en 1961 et 1962

Diffusé sur Mezzo le jeudi 5 juin 2014 à 20h30

DVD en vente libre

 

Lectrices funky, lecteurs groovy, il fut un temps où le Jazz, comme le Blues, était la musique du Diable. Ses musiciens étaient considérés comme des amuseurs, au mieux, des malfaiteurs, au pire. Ils jouaient dans des clubs enfumés tenus par des gagnsters et n'avaient pas le droit de dormir ou même boire un verre dans les lieux où ils jouaient. Puis Norman Granz (1918-2001) vint. Granz était Blanc, issu d'une famille juive ukrainienne de Los Angeles et, comme Jean Cocteau en France, il considérait les Jazzmen et Jazzwomen comme des êtres humains, des artistes dignes de respect, produisant la grande musique du XX° siècle. A ces musiciens, il offrit les cadres les plus prestigieux, dans des tournées somptueuses réunissant la crème de la crème, enlevant la séparation entre spectateurs blancs et noirs à Houston, Texas, en 1955 (il fut emprisonné) et payant les artistes noirs au même prix que les blancs. Cela s'appelait Jazz at the Philarmonic (JATP pour les fans). En 1960, la tournée JATP s'arrêtait à Paris, salle Pleyel. Jean-Christophe Averty l'a filmé. Voici le résultat préservé par l'INA et diffusé par Mezzo.

1. Diffusé le 25 novembre 1961 par l'ORTF. Durée 34'14

D'abord le quintette des frères Adderley avec Nat (trompette), Julian dit " Canonball " à cause de son appétit de cannibale et de son physique colossal (sax alto), Victor Feldman (piano), Sam Jones (contrebasse) et Louis Hayes (batterie).Du hard bop très solide. Ca swingue dur. Solo de batterie funky en diable. Ca chauffe dans la noirceur.

Retour à un swing plus traditionnel avec " Papa " Jo Jones à la batterie (le père de la batterie Jazz moderne), Coleman Hawkins au saxophone ténor et Benny Carter au saxophone alto. Un Swing de grande classe pour " Take The A Train " le morceau phare de l'orchestre de Duke Ellington. Même les Rolling Stones ont ouvert leurs concerts avec ce morceau.

Dizzy Gillespie (trompette) avec Lalo Schifrin (piano) et Leo Wright (flûte, sax alto). L'album tiré de ce concert est en vente libre. Dizzy est dans une forme olympienne. Du Be Bop mêlé de musique sud américaine avec un Argentin au piano, l'immortel compositeur des génériques de " Mission Impossible " et des " Bas Dim ", El Senor Lalo Schifrin. Bref, du Dizzy Gillespie dans toute sa splendeur solaire.Dizzy ne fait pas le clown. Ca joue décontrasté mais sérieusement. Ravissant solo de flûte. Solo de piano du maestro Lalo Schifrin. C'est riche et entrainant. Superbe duo trompette bouchée-flûte pour le final.

 

2. Diffusé en 1962 par l'ORTF. 31'34

Le quintette des frères Adderley. Rythmique en acier trempé et le sax alto qui vole au dessus. Le public est aussi attentif pour écouter que passionné pour applaudir.

" Sweet Georgia Brown " un classique du New Orleans joué par deux géants du Jazz moderne: Stan Getz (saxophone ténor) et J.J Johnson (trombone) à qui ce blog, le Jars jase Jazz, est dédié (les 3 J pour ceux qui n'auraient pas suivi). Ca swingue superbement, évidemment. Ah cette articulation, ce staccato de J.J Johnson qui sonne comme une trompette avec des pistons sur un trombone à coulisses (en italien trombone signifie grande tromba donc grande trompette)." Je savais qu'un jour je trouverai un tromboniste capable de jouer Be Bop. J'ai trouvé, c'est toi " dit Dizzy Gillespie à J.Johnson, lui qui choisit la trompette parce qu'il n'avait pas les bras assez longs pour les glissando du trombone à coulisse. Stan Getz swingue avec élégance et ce son qui le fit surnommer " The Sound " comme Frank Sinatra était surnommé " The Voice ". La rythmique pousse les solistes comme il convient. Le pianiste joue salle Pleyel sur un piano Pleyel. Logique. J.J Johnson rejoint Stan Getz en le ponctuant. Dire qu'il existe encore des sourds et malentendants qui prennent Stan Getz pour un musicien de bar de palace ou de croisière de luxe. 

Dizzy Gillespie (trompette) en quintette avec Lalo Schifrin (piano), Leo Wright (sax alto, flûte), Art Davis (contrebasse) et Chuck Lampkin (batterie).Toujours ce Swing latin, impérieux et Dizzy Gillespie en forme olympienne. Sa trompette coudée lance des éclairs jupitériens vers le ciel. Dizzy fait le pont pour enchaîner sur un autre morceau mêlant savamment Jazz et Amérique latine comme savait si bien le faire son pianiste Lalo Schifrin qui composa la suite " Gillespiana " pour Dizzy cette même année 1960 (album en vente libre).Dialogue flûte-trompette. Ce concert de Dizzy Gillespie à Pleyel fut enregistré et diffusé par Europe 1 dans l'émission " Pour ceux qui aiment le Jazz " de Frank Ténot et Daniel Filipacchi qui fit découvrir et aimer le Jazz à des milliers d'auditeurs français. L'enregistrement de ce concert est en vente libre et hautement recommandé tant Lalo Schifrin était le pianiste, compositeur, arrangeur idéal pour Dizzy Gillespie par son mélange si personnel entre Jazz, Amérique latine et Europe (Lalo Schifrin a aussi un solide bagage classique).

 

Julian Canonball Adderley (sax alto), Nat Adderley (trompette), Victor Feldman (piano), Sam Jones (contrebasse), Louis Hayes (batterie) jouent " Jeannine " à Paris, salle Pleyel, en 1960, dans le cadre de la tournée Jazz at the Philarmonic. Pour avoir l'image en plus du son, regardez Mezzo avec l'INA, lectrices funky, lecteurs groovy.

 

 


 

 

 

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