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Michele Hendricks " A little bit of Ella "

Publié le par Guillaume Lagrée

Michele Hendricks

" A little bit of Ella (now and then)"

Cristal Records. Sortie le 8 janvier 2016.

Michele Hendricks: chant

Tommy Flanagan: piano

Peter Washington: contrebasse

Lewis Nash: batterie

Brian Linch: trompette

Robin Eubanks: trombone

David " Fathead " Newman: saxophone ténor

Jon Hendricks: chant sur " How high the moon " (n°2)

Album enregistré à New York les 7 et 8 janvier 1998.

Michele Hendricks sera en concert à Paris, au Sunside, le vendredi 29 et le samedi 30 janvier 2016 à 21h et le vendredi 29 avril 2016 au Petit Journal Montparnasse.

Lorsqu'Ella Fitzgerald, la First Lady of Song, décéda en 1996, toutes les chanteuses de Jazz demandèrent à Tommy Flanagan, son pianiste préféré, d'enregistrer un hommage avec lui. Il refusa à toutes mais, réflexion faite, il décida d'enregistrer un album hommage à la plus célèbre de ses Patronnes, Dame Ella Fitzgerald, avec la seule chanteuse qu'il en estimait capable, Michele Hendricks, la digne fille du " fou chantant " Jon Hendricks.

Puisque Michele Hendricks avait contacté Tommy Flanagan en premier, c'est elle qui fixa les règles. Il s'agissait de chanter la gloire d'Ella Fitzgerald comme maintenant et comme alors, d'où la seule composition originale de l'album, oeuvre de Michele Hendricks et titre album " A little bit of Ella (now and then) " (n°8).

Pas question de chanter comme Ella. Ce serait ridicule car elle avait établi les règles de son propre genre. Michel Hendricks fixa donc les siennes pour cet album. Malgré les craintes de Tommy Flanagan ( " Je ne sais pas jouer funky ou reggae, ce n'est pas mon truc " dit-il alors à Michele Hendricks), il se plia au jeu. Ecoutez cette version diaboliquement funky de " Sweet Georgia Brown " qui ouvre (n°1, version courte) et clôt l'album (n°11, version longue) pour vous en convaincre, lectrices groovy, lecteurs soulful.

Selon les chansons, Michele Hendricks est accompagnée par le Tommy Flanagan Trio, parfois augmenté de 3 souffleurs de valeur, sans oublier un duo vocal entre les Hendricks père et fille ( " How high the moon " (n°2) et un superbe duo voix/piano qui sonne comme un adieu à Ella " Everytime we say goodbye " (n°10).

Tommy Flanagan est mort en 2001. Cet album, enregistré en 1998, est sorti en 2016. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. Michele Hendricks chante et enseigne toujours entre Paris et Auvers sur Oise ( le village mortel de Vincent Van Gogh) avec l'association Art et Muses.

Si vous voulez écouter une chanteuse de Jazz qui vivifie la tradition du scat, ne minaude pas mais charme, écoutez Michele Hendricks, lectrices groovy, lecteurs soulful.

Michele Hendricks sera en concert à Paris, au Sunside, le vendredi 29 et le samedi 30 janvier 2016 à 21h et le vendredi 29 avril 2016 au Petit Journal Montparnasse.

Rien à ajouter.

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Festival Jazz sur le Grill du 14 au 17 janvier dans la Drôme et l'Ardèche

Publié le par Guillaume Lagrée

Festival Jazz sur le Grill

Drôme et Ardèche, Rhône-Alpes, France

du jeudi 14 au dimanche 17 janvier 2016

Lectrices gourmandes, lecteurs gourmets, retrouvez vous dans l'Ardèche et la Drôme, du jeudi 14 au dimanche 17 janvier 2016 pour le 2e festival Jazz sur le Grill.

A la carte, le chef vous propose:

- Jeudi 14 janvier à 20h30, à Valence, à la Maison de la musique et de la danse, l'Elephant Tuba Horde de François Thuillier. Enfants, emmenez vos parents pour leur prouver qu'il n'y a pas besoin de basse pour jouer Superfunkycalifragisexy. Présence du lycée hôtelier de Tain l'Hermitage pour dégustation en fin de concert.

- Vendredi 15 janvier à 21h à la Presqu'île à Annonay: le duo Bojan Z (piano) et Julien Lourau (saxs) en présence d'un vigneron local pour dégustation.

- Samedi 16 janvier à 20h45 à la salle Le Bournot à Aubenas, le duo Bojan Z (piano) et Julien Lourau (saxs).

- Dimanche 17 janvier à 11h, à Valence, Annonay et Viviers, brunchs jazzistiques.

Contrairement au Jazz, l'alcool est à consommer avec modération, lectrices gourmandes, lecteurs gourmets.

La photographie de Bojan Z est l'oeuvre du Prodigieux Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Bojan Z par Juan Carlos HERNANDEZ

Bojan Z par Juan Carlos HERNANDEZ

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L'essentiel de François de Roubaix

Publié le par Guillaume Lagrée

L'essentiel de François de Roubaix

Decca Records

Universal Music. 2015.

François de Roubaix (1935-1975), bricoleur génial qui mélangeait Jazz, Folk, électronique, musiques du monde, bruitages, nous laisse en héritage des perles musicales de toutes sortes qui continuent d'inspirer les créateurs actuels.

Fred Pallem et son big band le Sacre du Tympan lui consacrent tout un programme sorti en album en 2015.

Issu d'une famille d'artistes, passionné de cinéma, de mer et d'amité, son père, producteur de films, lui fit rencontrer Robert Enrico ce qui lui permit d'enregistrer en 1965, sa première musique de film " Les grandes gueules " (n°9).

De rencontre en rencontre, il devient indispensable au cinéma français, travaillant pour José Giovanni (" La scoumoune " n°1), Robert Enrico toujours ( " Les aventuriers " n°5 et 6) et surtout créant pour Jean-Pierre Melville la bande son parfaite d'un film quasiment muet habité par le magnétisme d'Alain Delon en tueur solitaire ( " Le samouraï " n°10).

" Le samouraï ", c'est le film que Quentin Tarantino rêve de faire tout en sachant qu'il n'y arrivera jamais.

La mer, éternelle et toujours recommencée, finit par l'aspirer puisqu'il ne remonta jamais d'une plongée aux Canaries en 1975. Il avait pourtant écrit pour elle " Les secrets de la Mer Rouge " (n°16) et l'Antarctique (n°16, pour le commandant Jacques-Yves Cousteau).

Il y aussi des souvenirs d'enfance qui remontent en écoutant " Chapi Chapo " (n°4) et " Les Amis " (n°20, générique d'une émission de Radio Rennes, la radio culte de mes années estudiantines qui m'a tant appris sur le Jazz et le Blues).

Comment résister à la joie de jouer qui se dégage des deux versions de " L'homme orchestre " (n°13-14)?

Bref, cette compilation consacrée aux musiques de films de François de Roubaix vous plongera , lectrices joyeuses, lecteurs joviaux, dans un univers consacré à l'amitié, à la découverte et à la Mer. Franchement, il y a pire, non?

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Gérard Marais Quartet " Inner Village "

Publié le par Guillaume Lagrée

Gérard Marais Quartet

" Inner Village "

Cristal Records. 2015

Gérard Marais : guitare électrique, compositions, arrangements

Jérémie Ternoy : piano

Henri Texier : contrebasse

Christophe Marguet : batterie

Lectrices attentives, lecteurs exhaustifs, vous avez noté en septembre 2015 sur ce blog un concert du quartet de Gérard Marais.

Il est temps de parler de l'album " Inner Village " de ce quartet.

Quand des leaders acceptent de se mettre au service d'un autre leader, vous pouvez être sûr qu'il s'agit d'un grand. Cette théorie jazzistique se vérifie de nouveau ici.

Gérard Marais est le compositeur, arrangeur, leader de cet album. Il y plante ses griffes tout du long. Pour le porter, un de ses anciens élèves, Jérémie Ternoy au piano, le Boss de la Basse en France, Monsieur Henri Texier et un batteur mélodiste, Christophe Marguet.

Cette musique est l'évidence même. Pas d'esbroufe, pas d'effet. Les titres collent à la musique.

" Seregenti " (n°4) et vous êtes dans ce parc naturel d'Afrique de l'Est (Tanzanie). Lions et gnous, tous dansent avec nous. " Lonesome Queen " (n°6) où la solitude d'une femme est presque aussi poignante que la " Lonely Woman " d'Ornette Coleman. " Latin breakfast " (n°7) vous donne envie de prendre votre petit déjeuner en dansant. " Katchinas " (n°9) conclue l'album avec le souffle des esprits, celui des Indiens Hopis de l'Arizona.

Bref, comme l'indique le titre album " Inner Village Song " (n°5), cette musique est un voyage à la fois intérieur et extérieur. Se perdre pour se trouver, telle est l'idée. Elle n'est pas neuve mais elle est si belle ici qu'il faut s'installer sur la place de ce village intérieur, laisser la musique vous emplir et partir avec elle.

La photographie de Christophe Marguet est l'oeuvre du Viril Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Christophe Marguet par Juan Carlos HERNANDEZ

Christophe Marguet par Juan Carlos HERNANDEZ

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Bex/Catherine/Romano au Sunset, le retour des fidèles

Publié le par Guillaume Lagrée

Bex/Catherine/Romano

Le Sunset

Paris, Ile de France, France

Dimanche 27 décembre 2015. 21h30.

Emmanuel Bex: orgue Hammond B3

Philip Catherine: guitare électrique

Aldo Romano: batterie

Le trio Bex/Catherine/Romano est un pilier du Sunset où il revient chaque année pour nous aider à passer à la nouvelle année dans la beauté. La dernière fois que je l'y ai entendu, c'était le 30 décembre 2009. Il était temps pour moi d'y revenir.

Ca commence par un Blues tout en douceur, en rondeur. Le batteur est aux baguettes tapotant doucement sur les cymbales. L'orgue fournit le tremplin duquel s'élancent les notes de guitare choisies avec soin par Philip Catherine. C'est bien un Belge. Il est adepte de la ligne claire. Ca monte doucement en puissance et en émotion. Solo en sourdine de l'organiste. Emmanuel Bex, Doctor Sottilissimus de l'orgue Hammond. ll superpose deux chants, grave et aigu. Le batteur enchaîne doucement. Solo de batterie tout en retenue jusqu'au final. C'était " Dans la forêt " d'Emmanuel Bex. Une forêt sombre, de résineux je pense.

Un morceau qui attaque mais toujours tranquille. Belle attaque de guitare. Sèche, nerveuse, précise. La ligne claire, toujours. Ca groove tranquille, bien groupé. Ces gaillards se connaissent.

" Elles aiment " (Aldo Romano). Ca chante joyeusement. Ca danse même, comme des belles femmes vives de corps et d'esprit. La salle est comble. Bien joué pour un dimanche 27 décembre à Paris. Excellent digestif musical entre les agapes de Noël et du Nouvel An. Diable, cet orgue chante comme un orgue d'église. C'est dire s'il grandit sous les doigts d'Emmanuel Bex. Il me suffit de fermer les yeux pour voir les jeunes femmes qui dansent au rythme de cette musique. Elles sont ravissantes. Personne n'applaudit durant les morceaux car le trio est si soudé qu'il n'y a pas, à proprement parler, de solo.

Un standard dont le titre m'échappe. Le guitariste prend la main puis l'organiste et ça pulse, nom de Zeus! Philip Catherine reprend les rênes de l'attelage. La diligence avance d'un bon trot. Retour au thème par la guitare. Quelle élégance du sentiment!

Le guitariste commence et l'organiste enchaîne. C'est une ballade. Le batteur est aux balais. C'est frais et délicieusement mélancolique. Bex fait planer l'orgue au dessus de la mélodie jouée par la guitare.

Un air qui sonne balkanique entamé par les trois ensemble. Ca marche. Même la barmaid danse debout derrière le zinc. Ma voisine, elle, danse assise. Bref, elles aiment le trio Bex:Catherine/Romano. Retour au petit air balkanique cadencé. " Danse pour Victor " (composition de Philip Catherine dédiée à Victor Feldman, pianiste britannique qui composa pour Miles Davis " Seven steps to heaven " et " Joshua ").

Un standard de Cole Porter pour finir le set. Mon voisin me demande s'il y a un bassiste. Pourtant, visiblement, il n'y en a pas. Bel hommage naïf à la main gauche d'Emmanuel Bex. Je ne retrouve pas le titre du standard. Justement, sur ce solo de guitare de Philip Catherine, Emmanuel Bex joue parfaitement la basse d'accompagnement. Toum, toum. Ca devient délicieusement funky. La barmaid et la spectatrice restent synchrones dans leurs danses à distance. Bex utilise le Vocoder mais pas comme à l'époque disco. C'est plus expérimental. Il fait grogner sa voix en résonance avec l'orgue. Philip Catherine calme le jeu en revenant au thème. Bex remet une petite couche vocale jusqu'au final.

PAUSE

La guitare démarre lentement et subtilement. L'orgue fait la basse. Le batteur est aux balais, tout en douceur.La barmaid est désormais trop affairée pour pouvoir danser. La spectatrice danse toujours sur son siège, son compagnon aussi. L'orgue joue la basse qui marche (walking bass in english) derrière le solo de guitare. C'est dans l'organiste que se cache le bassiste. Le bruit de l'eau qui coule au bar pour la vaisselle des verres accompagne la musique. Fin groupée en apogée. C'était " So in love ' (Cole Porter).

" Zouzou " (Emmanuel Bex). Démarrage du batteur aux balais. Jolie marche. Orgue et guitare enchaînent. Ca swingue vite fait, bien fait. Dans son solo, Philip Catherine tient le temps suspendu au bout de ses doigts. Le trio monte en puissance. Retour au calme pour un solo de batterie en finesse, aux baguettes. Ca chante puis ça repart sur le groove initial.

" Letter from my mother " (Philip Catherine). La musique est aussi tendre et affectueuse que son titre l'indique. Ca marche. Le jeune couple de voisins s'enlace et s'embrasse. L'eau coule de nouveau au bar, en accompagnement de la musique. Bex met de l'animation en triturant le son de l'orgue Hammond. Ca s'apaise et me berce.

Aldo Romano enchaîne aux baguettes sur " All Blues " (Miles Davis). Le démarrage est surprenant mais c'est bien ce thème immarcescible qui surgit. L'orgue joue le rôle du piano, de la basse et de l'accompagnement de cuivres ( 3 en un! comme dit la réclame) alors que le guitariste est le soliste. Aldo Romano a un jeu moins carré que Jimmy Cobb, le batteur de la séance de 1959 et son dernier survivant. Superbe vibrato final du trio.

" La belle vie de Maurice ", une composition d'Emmanuel Bex dédié à Maurice Cullaz, Savoyard, critique de Jazz, que Louis Armstrong surnommait Smoothie. Bex commence seul avec son orgue, sa voix et son Vocoder. Mine de rien, une jolie mélodie se dégage de ce magma sonore. De la guitare sortent quelques notes qui ponctuent. Aldo arrive aux balais. Quelle délicieuse mélodie! Elle mériterait de devenir un standard. Ma voisine est partie dans un autre monde, ondulant au rythme de chaque coup de balai sur la batterie. Le trio finit en déployant la mélodie.

Une jolie ballade introduite par la guitare. Ca ressemble bigrement au trio Eddy Louiss/René Thomas/Bernard Lubat. Une attaque de la guitare et ça repart sur un air plus nerveux, plus carré aussi. Retour à la mélodie de départ pour conclure. C'était " December 26th" de Philip Catherine, joué le 27 décembre.

Voilà, c'est fini. Merci pour la musique.

En vidéo, pour illustrer cet article, ce même trio dans le même club à Paris le 2 janvier 2013.

La photographie d'Emmanuel Bex est l'oeuvre du Fiable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

Emmanuel Bex par Juan Carlos HERNANDEZ

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Benjamin Moussay a quarte blanche au Triton avec Michel Benita et Simon Goubert

Publié le par Guillaume Lagrée

Benjamin Moussay Trio

Le Triton.

Les Lilas, Seine-Saint-Denis, Ile de France, France

Vendredi 18 décembre 2015. 20h.

Benjamin Moussay: piano

Michel Benita: contrebasse

Simon Goubert: batterie

Sauf indication contraire, les compositions sont l'oeuvre de Benjamin Moussay.

Le programme s'intitule " Sotto voce ". Ca joue en douceur. Simon Goubert est aux maillets, faisant résonner les cymbales. Comme dit un proverbe italien: Chi va piano va sano. Chi va sano va lontano. Chi va forte va alla morte. Le batteur est passé aux baguettes et la musique s'agite progressivement. Simon Goubert nous produit un joli pas de cheval (cataclop, cataclop). Ca marche. Devant moi, une honorable mère de famille (3 enfants dont le dernier encore nourrisson) hoche la tête en mesure. Fouette, cocher! Ca swingue sapristi. L'honorable mère de famille continue de hocher la tête en mesure. Une musique qui fait tourner la tête aux honorables mères de famille ne peut être que vivement recommandée. C'est le premier concert de ce trio car Benjamin Moussay a quarte blanche au Triton. Il vient jouer quand il veut et avec qui il veut pour le plus grand bonheur des spectateurs, notamment des mères de famille honorables.

C'était " Fleur bleue" ( de Benjamin Moussay pas de Charles Trénet) puis " Lennie's Pennies " (" Pennies from Heaven " arrangé par Lennie Tristano).

" Les cloches ", première composition de Benjamin Moussay. Solo de contrebasse pour commencer. Le batteur ajoute quelques bruitages, par des grincements de cymbales. Le pianiste travaille ses cordes dans le corps du piano. Ambiance des cloches du couvent du Mont Sainte Odile par nuit de brouillard et de neige sur les Vosges. Les cloches sonnent maintenant à toute volée, de manière plutôt infernale. Un petit air entêtant nous conduit vers le final.

Jolis grincements entre les tambours frottés, les cordes sous l'archet et les cordes du piano sous les doigts du pianiste. La musique marche à pas de sénateur.

Un morceau plus rapide. Après avoir lancé le thème, le pianiste laisse bassiste et batteur s'expliquer entre hommes. Ca attaque ferme, saperlipopette! Le piano se mêle à cette dure lutte. Break de batterie basé sur les tambours. Simon Goubert est à l'oeuvre. Une composition inspirée de l'Art de la Guerre de Sun Tzu (une lecture indispensable pour comprendre la Chine).

" What the toirtle said to Achilles ", une composition inspirée de Lewis Caroll. La tortue dit des choses bien mystérieuses à Achille. Ca sort d'en dessous de la carapace. Pus le trio accélère de façon marquée avec des phrases rapides jusqu'au final.

Une ballade " Stéphanie's smiles " suivie de trois compositions inspirées de l'Art de la guerre " Elegie ", " Hope " et " Epilogue " pour conclure en toute logique.

Cela fait des années que j'écoute Benjamin Moussay jouer cette ballade. Il peut continuer des années encore, à mon goût.

Beau solo de batterie. Manifestement, le trio a entamé la suite chinoise. Les cymbales sonnent comme un gong. Enchaînement sur un air plus rythmé, comme une charge de cavalerie. La plaine vibre sous leurs pas.

Ca sent l'épilogue. Le titre est tout à fait approprié. Une dernière note de contrebasse et c'est fini.

RAPPEL

" Comme dirait un cher collègue qui vient de fêter ses 86 ou 86 ans, puisque vous insistez " (Bnejamin Moussay). Ce cher collègue pianiste a fêté ses 88 ans en 2015 et il joue toujours pour notre plus grand émerveillement. Il s'agit de Martial Solal.

Une ballade avec le batteur aux balais. Une mignardise musicale pour finir ce festin de notes en douceur.

A vous de savourer la musique désormais, honorables lectrices, respectables lecteurs, puisque vous trouverez ci-dessous, en vidéo, ce concert dans son intégralité.

Par ailleurs, grâce au Jazz Club d'Yvan Amar sur France Musique, voici le podcast de ce concert.

Bonne année 2016, fidèles abonné(e)s au Jazz et à l'électricité.

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Sélection de concerts de Jazz à Paris et en Ile de France pour janvier 2016

Publié le par Guillaume Lagrée

Splendides lectrices, superbes lecteurs, fidèles abonné(e)s au Jazz et à l'électricité, je vous souhaite une belle et heureuse année 2016, faite d'ordre et de beauté, de luxe, de calme et de volupté.

Pour un agenda complet des concerts de Jazz en France, voyez mes anciens collègues de Citizenjazz.

Voici mon Index des concerts de Jazz recommandés pour le mois de janvier 2016 à Paris et en Ile de France:

Vendredi 1er: Paris, Le Sunset, à 19h et 21h30: Rhoda Scott " Lady " Quartet. L'organiste aux pieds nus groove avec des compagnes de jeu.

Samedi 2: Paris, Le Sunset, à 19h et 21h30: Rhoda Scott " Lady " Quartet. L'organiste aux pieds nus groove avec des compagnes de jeu.

Lundi 4: Saint Denis, Seine-Saint-Denis, Jazz club de Saint Denis, 20h30: André Minvielle Solo " En roue libre ". Enfants, emmenez vos parents pour leur redonner le goût de la fantaisie.

Mercredi 6: Paris, Le Baiser Salé, 19h: Mario Canonge&Michel Zenino explorent les standards, 21h30: Mokhtar Samba African Jazz Project. La rencontre de l'Afrique et du Jazz.

Jeudi 7: Paris, Le Baiser Salé, 21h30: Mokhtar Samba African Jazz Project.

Vendredi 8: Paris, Le Baiser Salé, 21h30: Mokhtar Samba African Jazz Project.

Mardi 12: Eaubonne, Val d'Oise, Salle de l'Orangerie, 21h: Hugo Lippi Quartet " Up through the years ".

Mercredi 13: Paris, Le Baiser Salé, 19h: Mario Canonge&Michel Zenino explorent les standards, 21h30: Rick Margitza Quartet.

Lundi 18: Paris, Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: René Urtreger Trio. Festival French Quarter.

Mardi 19: Le Perreux, Val de Marne, Centre des bords de Marne, 20h30: Bastien Brison - Louis Sclavis - François Raulin. Pour les aventuriers du son. Paris, Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: René Urtreger Trio. Festival French Quarter.

Mercredi 20: Paris, Le Baiser Salé, 19h: Mario Canonge&Michel Zenino explorent les standards . Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: René Urtreger Trio. Festival French Quarter.

Jeudi 21: Paris, Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: Jean-Philippe Scali Quartet avec Glenn Ferris. Festival French Quarter.

Vendredi 22: Paris, Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: Grégory Privat New Trio. Un pianiste guadeloupéen qui poursuit avec talent la fusion entre Jazz et musique caribéenne.

Samedi 23: Paris, Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: Grégory Privat New Trio. Un pianiste guadeloupéen qui poursuit avec talent la fusion entre Jazz et musique caribéenne.

Lundi 25: Paris, Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: Elina Duni Quartet. Une chanteuse helvète albanophone qui mêle avec bonheur Jazz et Balkans.

Mardi 26: Paris, Le Sunset, 19h30 et 21h30: Jean-Felix Lalanne " Ma guitare à Dadi ". Il faut toujours rendre hommage à Marcel Dadi. Le Duc des Lombards, 19h30 et 21h30: Alain Jean-Marie Trio. Le pianiste français que les solistes américains exigent quand ils viennent jouer à Paris.

Mercredi 27: Paris, Le Baiser Salé, 19h: Mario Canonge&Michel Zenino explorent les standards. Le Sunset, 19h30 et 21h30: Jean-Felix Lalanne " Ma guitare à Dadi ". Il faut toujours rendre hommage à Marcel Dadi. Le Sunside, 21h: Manuel Rocheman Trio.

Jeudi 28: Paris, Le Sunset, 19h30 et 21h30: Jean-Felix Lalanne " Ma guitare à Dadi ". Il faut toujours rendre hommage à Marcel Dadi.

Vendredi 29: Paris, Le Sunside, 21h. Michele Hendricks, chanteuse et scatteuse, digne fille de Jon Hendricks, le " fou du scat ". Michele Hendricks enseigne le jazz vocal à Paris et dans le Val d'Oise avec l'association Art et Muses.

Samedi 30: Paris, Le Sunside, 21h. Michele Hendricks, chanteuse et scatteuse, digne fille de Jon Hendricks, le " fou du scat ".Michele Hendricks enseigne le jazz vocal à Paris et dans le Val d'Oise avec l'association Art et Muses. Les Lilas, Seine-Saint-Denis, Le Triton, 20h: trio Elise Caron (chant, flûte), Jean-Marc Larché (sax soprano), Yves Rousseau (contrebasse). Ames sensibles, ne pas s'abstenir.

La photographie de Glenn Ferris est l'oeuvre du Respectable Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

Glenn Ferris par Juan Carlos HERNANDEZ

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" Bach Plucked/Unplucked " Violaine Cochard & Edouard Ferlet

Publié le par Guillaume Lagrée

" Bach Plucked/Unplucked "

Violaine Cochard & Edouard Ferlet

Alpha Classics

Distribution Out there Music 2015

Violaine Cochard: clavecin

Edouard Ferlet: piano

En concert à Paris, Ile de France, France, au Café de la Danse, le mardi 9 février 2016 à 20h30.

Lectrices baroques, lecteurs classiques, je vous ai déjà narré les charmes du duo clavecin/piano entre Violaine Cochard et Edouard Ferlet lors d'un concert de présentation à Paris au Sunside le 30 novembre 2015 où la première gageure fut de faire entrer un clavecin sur cette petite scène. La seconde fut de séduire un public composé d'amateurs de Classique et de Jazz, deux espèces rares et pas toujours amies. Les deux gageures furent surmontées brillamment.

Pianiste de formation classique comme beaucoup de pianistes actuels de Jazz, Edouard Ferlet avait joué seul avec Jean Sébastien Bach (Johann Sebastian Bach pour les germanophones). Le résultat " Think Bach " m'avait charmé mais moins, je l'avoue, que les " Goldberg Variations/Variations " d'un autre pianiste de Jazz issu du Classique, Dan Tepfer.

Les musiciens surnomment les Variations Goldberg, " l'Ancien Testament de la musique ". Dans l'Ancien Testament, il est écrit " Dieu vit que l'homme était seul. Il vit que cela n'était pas bon alors il créa la femme."

C'est pourquoi, réalisant la volonté du Grand Horloger, une femme, productrice et animatrice à Radio France, Arièle Butaux, présenta Edouard Ferlet, pianiste à une autre femme, claveciniste, Violaine Cochard.

Un homme, une femme. Chabada bada? Pas du tout. Bach encore et toujours. C'est cet amour du maître de chapelle de Leipzig - ville allemande où il a encore son musée, son concours et son festival - qui les réunit pour produire une des musiques les plus sensuelles et les plus libres qui soient, Bach pincé et non pincé (les cordes du clavecin sont pincées alors que celles du piano sont frappées). Résultat: me voilà pincé par cette musique. Plucked/Unplucked c'est aussi un clin d'oeil aux " Plugged/Unplugged " de certains albums de Pop Music (comme " Crystall Ball " de Prince, par exemple) .

La pochette annonce la couleur. Une chaussure rouge d'homme, une chaussure noire à talon de femme. A la voir, l'auditrice affûtée, l'auditeur avisé sait qu'elle, qu'il va prendre son pied (cet article étant accessible aux mineurs, je n'expliquerai pas l'origine de l'expression).

Cette espérance n'est pas déçue. Les arrangements d'Edouard Ferlet rendent justice à l'implacable rigueur rythmique de Bach tout en lui donnant quelques assouplissements venus du Jazz. Violaine Cochard prouve qu'une interprète rigoureuse et passionnée peut ne rien perdre de son exigence tout en ne collant plus strictement à la partition.

Tant de musiciens classiques passent au Jazz parce qu'ils n'ont pas le droit d'improviser, à l'exception des organistes.

Voici Jazz et Classique réconciliés dans un ailleurs musical absolument inouï au sens littéral du terme.

L'album de Violaine Cochard & Edouard Ferlet "Bach plucked/unplucked " est leur enfant du moment mais des artistes aussi créatifs n'ont pas fini de (pro) créer. Leur duo sera à savourer sur pièces et sur place à Paris, Ile de France, France, au Café de la Danse, le mardi 9 février 2016 à 20h30. J'espère vous y retrouver, lectrices avisées, lecteurs affûtés.

Le dessin d'Edouard Ferlet est l'oeuvre de la Discrète Hélène POISSON. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Edourd Ferlet par Helène POISSON

Edourd Ferlet par Helène POISSON

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Eric Le Lann " Life on Mars "

Publié le par Guillaume Lagrée

Eric Le Lann

" Life on Mars "

Moods. 2015.

Eric Le Lann: trompette

Paul Lay: piano

Sylvain Romano: contrebasse

Donald Kontomanou: batterie

Lectrices avisées, lecteurs avertis, le nouveau quartet du trompettiste Eric Le Lann n'a pu vous échapper. Ni sur ce blog où figure une chronique d'un concert de ce groupe à Paris, ni ailleurs puisque Libération, Le Monde, Les Dernières Nouvelles du Jazz, Jazz Magazine (CHOC de novembre 2015) encensent ce groupe. Je me joins au choeur des laudateurs, ni en premier, ni en dernier, je l'espère.

La dernière fois qu'Eric Le Lann jouait dans ce formule du quartet piano/contrebasse/batterie, il revenait de New York avec des pointures made in USA: Dave Kikoski (piano), Doug Weiss (contrebasse) et Al Foster (batterie). C'était en 2009. Sur ce blog, vous trouverez la chronique de l'album et d'un concert de ce quartet.

Comme Miles Davis et Chet Baker, ses Maîtres, Eric Le Lann ne change pas puisqu'il a son style ( " La mode passe, le style reste " disait Mademoiselle Chanel). Il change le contexte autour de lui.

Ici, avec les mêmes instruments qu'il y a 6 ans, Eric Le Lann a remplacé des vieux renards de la scène américaine par des jeunes loups de la scène française. Il a aussi changé le matériau. Des compositions nouvelles, un seul standard (mais quelle version à fleur de peau d'Everytime we say goodbye, n°6). Une reprise personnelle tout de même " Twins Valse " qu'il jouait déjà en duo avec le pianiste Michel Graillier sur l'album " Trois heures du matin " (20 ans déjà).

La rythmique est d'une solidité à toute épreuve, aventureuse sans y paraître. Elle pousse le soliste sans jamais le dépasser. Il en résulte des saillances: " Al got the Blues ", composition d'Eric Le Lann qui prouve que le Blues n'est pas réservé aux Noirs Américains (d'ailleurs Dizzy Gillespie né Noir à Cheraw, Caroline du Sud, en 1917 reconnaissait qu'il ne savait pas jouer le Blues mais il ne supportait pas que des blancs blecs anglais prétendent le jouer) et surtout le titre album " Life on Mars " une chanson de David Bowie si bien interprétée que j'entends la voix de Bowie se mêler au son de la trompette de Le Lann. C'est beau oui comme Bowie (Serge Gainsbourg).

Puisqu'Eric Le Lann nous offre le luxe sur cet album de deux versions de sa composition " Rouge " (n°1 et 7, rien à voir avec la composition de John Lewis pour la séance " Birth of the Cool " de Miles Davis), offrez vous le luxe, lectrices avisées, lecteurs avertis, de comparer deux quartettes d'Eric Le Lann, l'américain de 2009, le français de 2015. Par chauvinisme certainement, je ferai primer le français pour l'intensité émotionnelle même si le professionnalisme de l'américain est d'une efficacité redoutable.

En tout cas, en 2015 puis en 2016, c'est avec ce quartet français qu'Eric Le Lann jouera sur scène et " Le Jazz, c'est comme les bananes, ça se consomme sur place " (Jean-Paul Sartre). L'abus de cette musique est conseillé pour la santé. A consommer sans modération.

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Martial Solal & Dave Liebman au Sunside: l'instant unique

Publié le par Guillaume Lagrée

Martial Solal & Dave Liebman

Paris. Le Sunside.

Jeudi 10 décembre 2015. 21h30. 2e concert.

Martial Solal : piano

Dave Liebman : saxophones ténor et soprano, flûte à bec.

Après 15 mois d'arrêt et un retour sur scène, en concert privé, à Paris, début octobre, avec son vieux complice Lee Konitz, voici Martial Solal (1927) de retour sur scène, en public, à Paris, au Sunside, avec un nouveau partenaire de jeu, David Liebman (1946). Quand Dave Liebman est né à Brooklyn , Martial Solal faisait danser ma grand-tante à Alger.

Sur le piano est collé une affiche : « Ce piano est neuf. Merci d’en prendre le plus grand soin ». Cela tombe bien. Martial Solal est au piano ce soir. C’est dire si le piano sera soigné. Le siège du pianiste, par contre, fait pitié, tant il est élimé. Le postérieur de Martial Solal mérite mieux mais il se débrouillera avec. Rick Margitza est dans la salle. « It’s gonna be great » me dit-il. Je n’en doute pas.

Cela fait 23 ans que Stéphane Portet dirige et programme ce club. C’est une de ses plus belles affiches dit-il. J’approuve.

Quelques notes de piano pour lancer le débat. Le sax ténor se fait velouté à souhait pour introduire « What is this thing called love ? ». Martial Solal joue plus dur, plus grave. Deux univers se parlent. Je suis assis derrière le pianiste et en face du saxophoniste. Ils n’ont pas besoin de se regarder puisqu’ils s’écoutent. Dave Liebman est plus respectueux de la mélodie. Martial Solal la transforme à sa manière. Ses mains sont toujours aussi précises et puissantes. 88 ans. Nom de Zeus, pourrais je respirer à ce âge ! Solo de Solal. Liebman écoute, aussi fasciné que nous. Le public est concentré. Personne n’applaudit à la fin du solo.

Dave Liebman dit son plaisir de jouer avec le Maestro et présente le morceau suivant, une composition de Martial Solal, « Isocèle », composition pour trio vu son titre je le suppose. En effet, après vérification, cette composition est issue de l’album «Triangle » (1995) de Martial Solal avec Marc Johnson (contrebasse) et Peter Erskine (batterie). Lectrices géomètres, lecteurs joueurs, vous qui savez qu’un triangle isocèle a deux côtés ou deux angles égaux, retrouvez vous pour jouer à ces jeux mathématiques.

Martial répète le titre pour que nous le comprenions bien. En anglais, isocèle se dit « isosceles ». Dave Liebman a eu du mal avec la version française. Un morceau sautillant, plein de surprises à la Solal. A ma gauche, un pianiste s’est placé de manière à ne jamais perdre de vue les mains de son illustre confrère. Martial s’arrête, dit « It’s You » et Dave reprend, au soprano, après un instant. Quel ping pong musical !

Dave Liebman reste au soprano et entame « I’ll remember April ». Il joue le thème seul et fort joliment ma foi. Martial entre dedans, discret et solide. C’est grâce à Jean-Charles Richard , saxophoniste français, disciple de Dave Liebman, même s’il joue du saxophone baryton au lieu du ténor (ils se retrouvent sur le saxophone soprano et la flûte) et gendre de Martial Solal que ce concert a lieu. Merci à lui et à Claudia Solal , fille de Martial et chanteuse, d’avoir rendu cela possible. Toute la nostalgie d’avril et de ses charmes passent en décembre à Paris. Dieux, qu’ils s’entendent bien !

« George & Ira Gershwin » en abrégé, cela fait « GIG », le terme familier des jazzmen américains pour désigner un concert. Cette composition de Dave Liebman convient à la soirée. Martial Solal traduit en français la présentation de Dave Liebman. Un interprète de luxe dans tous les sens du terme. Dave Liebman reprend le ténor mais joue dans l’aigu de l’instrument. Ca s’envole doucement.

Le 21, 22 et 23 septembre 2001, Martial Solal jouait à New York, au Village Vanguard, en trio avec François Moutin (contrebasse) et Bill Stewart (batterie). C’est enregistré et en vente libre. A consommer sans modération. Les 10 et 11 décembre 2015, Martial Solal joue à Paris en duo avec David Liebman. La beauté est un talisman.

« I’ll remember April » de nouveau mais joué au sax ténor cette fois ci. Martial Solal reprend. Il a toujours autant de possibilités techniques mais il les concentre plus au profit d’un discours plus lisible, plus touchant qu’auparavant. L’attaque de Dave Liebman me perce l’âme. Ils trafiquent le son, l’un par le souffle, l’autre par le toucher, pour produire un son inouï.

« Say something in french » dit Martial à Dave qui n’ose pas. Ils enchaînent sur une composition. La preuve, Martial lit sa partition. La musique s’étire mais avec des ruptures. Les deux hommes aiment les surprises.

Un standard be bop dont le titre m’échappe, joué au sax ténor. Je reconnais l’air mais tout est décalé et au ralenti. Sottilissimo. Accélèrent-ils ou font-ils semblant ? Ces magiciens des notes savent nous prendre à leurs mains. Je crois reconnaître « Anthropology » (Charlie Parker). Ils finissent sur un éclair de génie.

« Cosmos » (John Coltrane). Titre album d’un duo de Dave Liebman avec Abbey Rader (batterie, percussions).Il passe à la flûte à bec. Effectivement, ça plane. Martial délivre des notes diaphanes. Quelques malotrus osent applaudir en plein morceau. Dave enchaîne au soprano. La musique semble chercher son chemin et elle le trouve. Elle est hors de ce monde, du cosomos, en effet.

Martial attaque un standard que Dave reprend au ténor. A nouveau du Be Bop. Le titre m’échappe. Ca vole léger, léger. Une fin gag dont Martial a le secret.

S’ensuit un autre standard, « Lover man ». Dave au soprano. Ils se trouvent comme s’ils joiaent ensemble depuis 20 ans et c’est leur deuxième concert. Par Zeus, ça chante ! Il y avait une affichette « Réservé » sur la chaise à ma gauche mais personne n’est venu. Tant pis pour l’absent(e).

Voilà, c’est fini. Ils nous saluent et se serrent la main. Rick Margitza avait raison. C’était Grand. Je peux pas mieux dire. C'était Grand.

Grâce à Yvan Amar et à son Jazz Club sur France Musique, voici le podcast du 2e concert de Dave Liebman et Martial Solal au Sunside, le vendredi 11 décembre 2015 à 21h30. Profitons en.

La photographie de Martial Solal est l'oeuvre de l'Unique Juan Carlos HERNANDEZ. Toute utilisation de cette oeuvre sans l'autorisation de son auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

Martial Solal par Juan Carlos HERNANDEZ

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